«La réunification allemande (2022)

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La réunification n'a-t-elle pas banalisé l'Allemagne, au contraire? Aurait-on pu faire les choses autrement? Mais ce que vous présentez comme un affaiblissement n'est-il pas aussi un formidable investissement pour l'avenir, un pari sur le futur? La réunification est inaccomplie sur le plan économique, mais aussi, dites-vous, psychologique... Ce caractère inachevé de la réunification, comment se traduit-il dans la vie quotidienne de la société allemande? Après la république de Weimar, puis celle de Bonn, on parle maintenant de la république de Berlin. Vous, vous dites qu'il ne s'agit pas d'une nouvelle république, mais de la république de Bonn transportée à Berlin. Rien, donc, n'a fondamentalement changé? Vous ne pensez pas que cette république de Bonn à Berlin finira par être influencée par sa position géographique... Mais l'Allemagne à Berlin sera aussi marquée par l'idée, nouvelle, de sa pérennité, alors que Bonn avait toujours été considérée comme une capitale provisoire. Vous aviez développé dans l'un de vos livres, L'Allemagne en Occident, la thèse selon laquelle les Allemands, parce qu'il leur était difficile après la guerre d'exprimer leur patriotisme, avaient trouvé dans l'Europe une citoyenneté de substitution. Est-ce que ce sera toujours le cas avec l'Allemagne de Berlin? L'Allemagne est aussi «autrement autre», dites-vous, par le poids des passés... N'est-ce pas aussi le signe d'un respect des Allemands à l'égard des autres peupleset de leurs cultures? Le poids du passé pèse aussi, j'imagine, sur ce que l'on peut dire en Allemagne du conflit israélo-palestinien? Est-ce un débat en Allemagne? Le poids du passé s'accompagne aussi du retour de ce que vous appelez «les souffrances allemandes»... Depuis la réunification, s'ajoutent aux crimes du nazisme ceux du communisme. Comment parle-t-on de ce passé communiste? Les plus lus Opinions Related content Videos

Depuis le temps qu'il observe l'Allemagne à la loupe, Alfred Grosser a développé à son égard une sévérité affectueuse, ainsi qu'une distance critique et un intérêt passionné - équilibre exemplaire. Il suffit de l'entendre rire, au détour d'une anecdote, pour savoir que, malgré les années, il s'amuse toujours en regardant vivre ce grand pays qui ne se résume pas, dit-il, à «Hitler et Schumacher». Né à Francfort en 1925, il émigre en France à l'âge de 8ans, car son père est juif. Professeur, essayiste, membre du Conseil de surveillance de L'Express, humaniste et médiateur, il vit entre deux langues, deux cultures. Pour lui, son métier, la science politique, consiste «à expliquer ensuite pourquoi on aurait pu prévoir ce qui n'a pas été prévu».

Presque six décennies après la fin de la guerre, plus d'une décennie après la réunification, vous estimez que l'Allemagne n'est toujours pas, en Europe, un pays comme les autres, qu'elle est «autrement autre». Pourquoi?
Contrairement à certains fantasmes français, il n'y a pas une Allemagne éternelle qui aurait des envies éternelles. On rencontre encore en France des intellectuels qui prétendent que l'Allemagne, parce qu'elle est au centre de l'Europe future, la dominera, comme si la Grande-Bretagne avait été au centre de l'Europe quand elle la dominait. C'est un raisonnement absurde! Les Allemands ne savent pas encore quelles pensées va leur imposer leur situation géopolitique. L'Allemagne est devenue fort semblable aux autres pays d'Europe, mais elle demeure autrement autre sur deux points: la réunification, non accomplie, et le poids des passés.

La réunification n'a-t-elle pas banalisé l'Allemagne, au contraire?

On sous-estime complètement, en France et ailleurs, l'affaiblissement qu'a représenté pour l'Allemagne la réunification. Si son économie s'est ralentie, c'est en partie à cause des transferts massifs qui continuent à être effectués pour sauver de la déroute l'ancienne Allemagne de l'Est. Et si, aujourd'hui, cette Allemagne qui se veut économiquement libérale, même sous les sociaux-démocrates, est le pays d'Europe où les subventions par tête sont les plus importantes, cela tient essentiellement à l'intégration non accomplie, économique, mais aussi psychologique, de l'ancienne RDA.

Aurait-on pu faire les choses autrement?

Helmut Kohl ne pouvait pas faire autrement, en 1990, que d'augmenter rapidement les salaires et les retraites de l'Allemagne de l'Est, afin d'empêcher que des centaines de milliers d'Allemands ne passent d'Est en Ouest. Douze ans plus tard, l'égalité n'est toujours pas établie, mais on s'en approche suffisamment pour qu'il soit désormais plus intéressant pour un industriel américain, français ou ouest-allemand d'investir à Prague plutôt qu'à Leipzig. Le développement technologique y est à peu près le même, mais les salaires sont trois fois plus élevés en Allemagne de l'Est qu'en République tchèque. Pour s'en sortir, que fait-on? On subventionne.

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Mais ce que vous présentez comme un affaiblissement n'est-il pas aussi un formidable investissement pour l'avenir, un pari sur le futur?

Si c'est un pari, alors, il est en passe d'être perdu, parce que, malgré ces injections d'argent, le dépeuplement de l'Est continue. Et cela pour trois raisons. La première, c'est qu'il y a très peu d'étrangers qui viennent s'installer en Allemagne de l'Est. La deuxième, c'est la fuite de la population. Le maire de Görlitz, sur la Neisse, dans l'est de l'ex-RDA, raconte, par exemple, qu'une jeune femme au chômage a trouvé un emploi à Bielefeld, en Westphalie. Son mari, également chômeur, va l'accompagner. Et ils emmènent évidemment leurs deux enfants. «Ma ville, dit le maire, vient encore de perdre quatre habitants.» Et la troisième raison, c'est que l'on fait encore beaucoup moins d'enfants en Allemagne de l'Est qu'en Allemagne de l'Ouest.

La réunification est inaccomplie sur le plan économique, mais aussi, dites-vous, psychologique...

Helmut Kohl n'a pas assez étudié l'histoire de France et notamment celle de Louis XVIII. Quand celui-ci est encore comte de Provence et qu'il rentre en France pour monter sur le trône, il réunit ses princes et leur dit: nous avons le million or des émigrés. Ce sera l'indemnisation plutôt que la restitution des biens. En Allemagne, on a pris la décision, absurde, que la priorité n'était pas l'indemnisation, mais la restitution. On ne sait pas à qui appartiennent certains immeubles et terrains de l'ex-RDA: il y aura des procès interminables puisque, souvent, ces biens ont été une première fois expropriés sous Hitler, parce qu'ils appartenaient à des juifs, par exemple, puis expropriés à nouveau par l'Union soviétique, et ils ont encore changé de mains sous le régime de la RDA après le départ des Soviétiques. Une autre erreur psychologique a consisté à dire que tout ce qui avait été fait à l'Est était mauvais.

Ce caractère inachevé de la réunification, comment se traduit-il dans la vie quotidienne de la société allemande?

D'abord, par le maintien, à l'Ouest, d'une incroyable ignorance de l'Est. C'est terrifiant. L'Est reste «un autre côté». Pourtant, la réunification a plus de douze ans, maintenant. Dans les milieux de l'industrie ou des affaires, je ne connais pratiquement aucun dirigeant qui soit originaire de l'Est. La conception du passé n'est pas la même, aussi. Au moment des controverses sur son passé de militant gauchiste en 1968, le ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer a voulu s'expliquer, mais à l'Est, tout le monde s'en fichait. Pour les gens de l'Est, 1968, c'était l'écrasement du Printemps de Prague. Il faudra du temps pour que ces deux mémoires coïncident.

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(Video) La Réunification de l’Allemagne

Après la république de Weimar, puis celle de Bonn, on parle maintenant de la république de Berlin. Vous, vous dites qu'il ne s'agit pas d'une nouvelle république, mais de la république de Bonn transportée à Berlin. Rien, donc, n'a fondamentalement changé?

Tout est resté en place. La réunification a été une absorption, un élargissement de l'Allemagne de l'Ouest vers l'Est - et en même temps le premier élargissement vers l'est de l'Union européenne. Institutionnellement, c'est la même Allemagne. La Constitution est la même. Les partis sont les mêmes, avec l'adjonction du PDS, émanation de l'ancien Parti communiste de la RDA, qui fait, nationalement, tout au plus 5% des voix. De même que l'on parle de la république de Weimar, alors qu'elle était en fait à Berlin, de même on peut parler d'une république de Bonn à Berlin. C'est la même Allemagne, mais avec des problèmes nouveaux.

Vous ne pensez pas que cette république de Bonn à Berlin finira par être influencée par sa position géographique...

Pour l'instant, les Allemands pensent au budget, au chômage, à la xénophobie, au coût du futur élargissement de l'Europe. Je n'ai pas encore rencontré un dirigeant allemand qui me parle en termes de puissance nouvelle.

Mais l'Allemagne à Berlin sera aussi marquée par l'idée, nouvelle, de sa pérennité, alors que Bonn avait toujours été considérée comme une capitale provisoire.

Non. Willy Brandt, malgré la légende, était prêt à accepter deux Etats allemands à perpétuité. Même une fois le mur tombé, le SPD penchait en faveur d'une confédération entre deux Etats, avec un Bonn définitif et un Berlin-Est définitif. Ce n'est qu'a posteriori que Brandt a dit: «Se réunit ce qui devait se réunir.»

Vous aviez développé dans l'un de vos livres, L'Allemagne en Occident, la thèse selon laquelle les Allemands, parce qu'il leur était difficile après la guerre d'exprimer leur patriotisme, avaient trouvé dans l'Europe une citoyenneté de substitution. Est-ce que ce sera toujours le cas avec l'Allemagne de Berlin?

Je suis pour une fois d'accord avec Habermas quand il dit que l'important, c'est la citoyenneté en tant qu'attitude morale, et non en tant qu'attitude nationale européenne. Donner la priorité à l'adhésion à une morale citoyenne, voilà la norme allemande. Je pense que les autres pays d'Europe devraient l'adopter. Notamment la France, où le nationalisme n'a pas disparu, où la gloriole demeure. La RFA est le seul pays en Europe qui n'ait pas été fondé sur l'idée de nation, mais sur une idée morale et politique, le rejet du totalitarisme. C'est cette idée que l'on retrouve dans la Charte des droits européens signée à Nice, dans les premiers articles de la Constitution allemande, dans tous les discours des présidents allemands. Il me déplairait que les Allemands décident un jour d'y renoncer pour adopter la normalité des autres, c'est-à-dire devenir, comme eux, nationalistes.

L'Allemagne est aussi «autrement autre», dites-vous, par le poids des passés...

Il reste une imprégnation profonde du rejet du passé hitlérien, et cela s'illustre notamment à travers l'école. En France - et j'en ai personnellement profité - l'école qui reçoit un petit étranger a pour intention de le franciser. En Allemagne, on a une peur bleue d'être accusé de vouloir «germaniser» les jeunes étrangers.

N'est-ce pas aussi le signe d'un respect des Allemands à l'égard des autres peupleset de leurs cultures?

Sans doute, mais alors avec le risque de ce qui est pour moi la maladie actuelle de l'Europe, le communautarisme.

Mais que font d'autre les Allemands, si ce n'est du communautarisme, quand ils reconnaissent comme allemands des Russes de la Volga ou des Polonais, qui ne parlent plus un mot d'allemand, simplement parce qu'ils auraient de lointains ancêtres allemands?
Les choses - et la loi - ont changé. On leur demande de parler allemand, maintenant, mais, c'est vrai, avec les Allemands, on reste toujours ce qu'on était à sa naissance. Moi-même, je râle toujours un peu en Allemagne quand on me présente comme étant «né à Francfort, et vivant en France». Non, je ne vis pas seulement en France, je suis français. Le magazine Der Spiegel avait écrit à propos de Georges Charpak: «Un juif polonais vivant en France.» Eh bien, je dis qu'un juif polonais qui franchit la frontière française peut espérer trois destins: devenir, comme Charpak, prix Nobel de physique, ou comme Krasucki, secrétaire général de la CGT, ou enfin archevêque de Paris, comme Mgr Lustiger. J'ajoute que ce dernier aurait eu bien du mal à devenir archevêque de Cologne ou de Munich.

Le poids du passé pèse aussi, j'imagine, sur ce que l'on peut dire en Allemagne du conflit israélo-palestinien?

Les représentants de la communauté juive allemande ont à cet égard la même attitude que ceux de la communauté juive française, qui est de confondre la critique des crimes de guerre israéliens avec l'antisémitisme. Il est normal, au nom du passé, au nom des principes pour lesquels nous avons combattu Hitler, que l'Allemagne se lève contre toutes les violations des droits de l'homme. Le fait d'avoir été victime n'empêche pas de devenir bourreau.

Est-ce un débat en Allemagne?

Oui et non. Quand je dis cela en Allemagne, les Allemands me répondent qu'en tant que juif j'ai le droit de le dire, mais eux, en tant qu'Allemands, ne l'ont pas.

Le poids du passé s'accompagne aussi du retour de ce que vous appelez «les souffrances allemandes»...

Cela commence à émerger. On parle plus souvent maintenant des 2 millions de morts parmi les 12 millions d'Allemands expulsés à la fin de la guerre. Et l'on s'interroge: au nom de la condamnation du nazisme, est-ce que tout était permis? La compassion pour Hiroshima a été refusée aux Allemands. Or, si vous prenez la définition des crimes de guerre, telle qu'elle est arrêtée par la Convention de La Haye, bombarder des villes ouvertes et mener leur destruction systématique, c'est un crime de guerre. Dresde, des dizaines de milliers de victimes en une nuit, c'est un crime de guerre. Or, à la fin du conflit, tout le monde parlait de ses souffrances. Sauf les Allemands, qui n'en avaient pas le droit. C'est un interdit qui se lève.

(Video) Dossier : la réunification allemande | ARTE Junior

Depuis la réunification, s'ajoutent aux crimes du nazisme ceux du communisme.

La RDA n'a pas été l'Union soviétique de Staline. Mais elle n'a pas non plus été un régime démocratique. Ce fut une dictature, avec des prisons, une police omniprésente, l'impossibilité pour les gens, disons mal vus, de faire faire des études universitaires à leurs enfants. Tout cela est vrai. Mais il n'y a pas eu d'exterminations, de fusillades massives.

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Comment parle-t-on de ce passé communiste?

On en parle peu. Quant à comparer les crimes du nazisme et du stalinisme, on n'en est pas là. On juge souvent indécent de le faire. En ce sens, le discours des anciens communistes de l'Est rejoint celui des antinazis de l'Ouest: «Comment peut-on comparer? disent-ils. Hitler est radicalement autre.» Ce à quoi j'avais répondu, dans mon livre Le Crime et la mémoire, qu'on ne peut proclamer quelque chose de «radicalement autre» qu'après l'avoir comparé, justement. Et il faut comparer. Tout le temps. Quand j'ai rencontré les représentants des étudiants de Leipzig, juste après la réunification, ils me posaient les mêmes questions que m'avaient posées les étudiants allemands après la guerre: nos professeurs seront-ils épurés, nos diplômes seront-ils reconnus, va-t-on nous reprocher quelque chose, à nous qui n'avons rien fait? Exactement la même chose! Ça m'a rajeuni!

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Mais après l'ouverture du mur de Berlin, il faudra près d’un an encore pour que la RDA disparaisse et soit intégrée dans la l’Allemagne de l’Ouest, le 3 octobre 1990.. 9 octobre 1989.. "Le parti-Etat, c'est fini", titre "Sud Ouest" le 9 octobre, un mois avant la chute du Mur de Berlin.. Trois jours plus tard, Helmut Kohl propose à Hans Modrow de négocier une union économique et monétaire allemande.. Dans la nuit du 22 au 23 août 1990, la Volkskammer (Chambre du peuple de la RDA) décide la déclaration de l'adhésion à la RFA, avec effet le 3 octobre 1990.Une date unilatéralement décidée par le parlement de la RDA, sans consultation avec le gouvernement ou le Parlement de la RFA.. Le traité d'État sur l'unification par les deux gouvernements allemands est signé dans la foulée, le 31 août suivant.. En septembre, le traité de Moscou, signé par les deux Etats allemands, la France, les USA, l'URSS et la Grande-Bretagne, fixe les contours de l'Allemagne unifiée.. Le 3 octobre 1990, la foule en liesse devant la porte de Brandebourg à Berlin : l'Allemagne est réunifiée.L'unification de l'Allemagne est proclamée le 3 octobre 1990.. Les élections législatives qui suivent voient la victoire dans le pays d'Helmut Kohl qui devient le premier chef du gouvernement de l'Allemagne réunifiée.. Commence alors le grand chantier de la réunification, l'intégration des citoyens de la RDA communiste dans le système capitaliste en vigueur en Allemagne de l'Ouest.

«Berlin-Est était une sorte de site archéologique, nous avons découvert beaucoup de choses à la chute du mur» .. Car à la chute du mur, ce sont véritablement deux villes qui se font face.. Alors, aux lendemains de la chute du mur, la toute nouvelle République allemande compte bien matérialiser la réunification des deux Allemagne dans l’espace urbain Berlinois.. Le réaménagement urbain de Berlin est d’ailleurs marqué par la disparition de certains symboles de la RDA dont le plus emblématique reste probablement le Palast der Republik (palais de la République), construit sur les ruines du château des Hohenzollern bombardé pendant la guerre.. Le Palais de la République en 1995.. Des événements culturels ont été organisés les années précédant sa destruction tout comme des manifestations.. «Il y avait un attachement à ce lieu, les gens ont afflué pendant les années 2000 et de nombreux événements ont été organisés, raconte Denis Bocquet qui résidait alors à Berlin.. «Ils ont détruit des bâtiments modernes de la RDA.. «Nous nous battions pour avoir du changement mais pas forcément pour une réunification.. Après la chute du mur de Berlin, s’est ouverte une difficile période de reconstruction pour tenter d’unir deux pays au sein d’une même ville, quitte à détruire plusieurs bâtiments emblématiques d’Allemagne de l’est.

Quatre jours plus tard, le 13 novembre, le nouveau Premier ministre Hans Modrow - Krenz restant à la tête du parti - ouvrit la perspective de réformes pour toujours réaliser le « socialisme démocratique », présenta effectivement un plan de réformes le 17 novembre et proposa une « communauté contractuelle » entre la RFA et la RDA, dans le but de stabiliser la RDA.. Le nom même donné à la constitution en 1948-1949 est révélateur de la volonté de souligner le caractère temporaire de la division de l'Allemagne et de l'organisation étatique de la RFA.. Kohl proposa plusieurs étapes avant d'aboutir à l'unité - dont la date elle-même n'était pas précisée - mais son projet dépassait la simple coopération de deux entités autonomes ; il prévoyait une aide humanitaire immédiate, une coopération technologique et environnementale, une aide économique en cas de changements de structures, une communauté contractuelle, des élections libres en RDA puis la mise en place de structures confédératives (pour la période transitoire précédant l'unité), une meilleure intégration de la RDA démocratisée dans la communauté européenne, la mise en œuvre accélérée des objectifs de la CSCE (Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe) et la maîtrise des armements.. La situation fragile de Gorbatchev Enfin, la rapidité du processus est due à la volonté ouest-allemande de s'engouffrer dans la brèche et del'ouvrir largement : la situation de Gorbatchev était incertaine, l'URSS connaissant des difficultés d'approvisionnement et de graves problèmes des nationalités avec la sécession des États baltes en janvier.. Après la fin officielle, le 1er décembre 1989, de l'hégémonie du SED qui était inscrite jusque-là dans la constitution de la RDA , la Table ronde réunissant les différentes composantes du mouvement est-allemand (partis reconstitués ou nouveaux, groupes d'opposition, représentants des Églises) fut mise en place le 7 décembre et commença ses travaux le 18, des réunions eurent lieu régulièrement jusqu'à mi-mars : la Tableronde offrait la première possibilité d'expression démocratique en RDA .. Au total, seules quatre rencontres eurent lieu au niveau ministériel entre mai et septembre 1990 :. La première, le 5 mai 1990 à Bonn, aboutit à la décision d'accélérer le processus et fixa l'ordre du jour général des futures consultations, à savoir : 1- la question des frontières, 2- les questions politiques et militaires, 3- les problèmes touchant Berlin, et 4- le règlement définitif de la question allemande au niveau du droit international et la fin des droits et responsabilités des Alliés.

Le 3 octobre 1989, il y a 21 ans, était la date de prise d'effet d'une décision surprenante, le vote du 23 août par la chambre des députés, la Volkskammer, d'Allemagne de l'Est, d'une déclaration unilatérale d'adhésion des Länders d'Allemagne de l'Est à la Constitution de l'Allemagne de l'Ouest, ce que l'article 23 de cette Constitution permettait mais au sujet de laquelle ni le Parlement ni le Gouvernement d'Allemagne de l'Ouest n'avaient été consultés !. Le premier est Gorbatchev, en approuvant l'acte initial qui a déclenché les mouvements de foule, l'ouverture des frontières entre l'Autriche et la Hongrie, et surtout en annonçant qu'en aucun cas les forces soviétiques n'interviendraient pour soutenir contre leurs peuples les régimes en difficulté, ce qui visait principalement l'Allemagne de l'Est.. Le second est le Chancelier d'Allemagne de l'Ouest Helmut Kohl qui, débordant les prudences de ses alliés, s'est rué dans la brèche ainsi ouverte, et le troisième est tout le peuple d'Allemagne de l'Est qui, dans la rue et à tous risques, au moins au début, a poussé tous ces mouvements.. Elle a fini par le faire, mais on a vécu quelques mois où l'on a craint que la Russie ne mette le retrait de l'Allemagne de l'OTAN comme condition à son acceptation.... Mais si Madame Thatcher s'est contentée de déclarations publiques inquiètes, le Président Mitterrand a jugé utile, contre les réserves du Quai d'Orsay, et surtout contre le soutien enthousiaste que le peuple français apportait visiblement à cette perspective de réunification, d'improviser un voyage à Berlin Est pour tenter de ralentir le mouvement et d'y introduire la négociation de quelques garanties internationales.. Pour tous les dirigeants qui avaient gouverné l'Allemagne depuis la guerre et jusque là, et qui d'ailleurs étaient nés avant la guerre et l'avaient vécue, comme notamment Schmidt et Kohl, l'Europe était mieux qu'une garantie de paix et une réponse à l'émiettement du continent ; elle était aussi une précaution contre les foucades possibles de ce peuple puissant mais imprévisible.. On négociait à ce moment ce qui allait devenir le traité de Maastricht et donc la décision d'étendre éventuellement les compétences de l'Union dans les champs de la politique étrangères et de la politique judiciaire.. En Allemagne même, l'extinction de la perspective d'une Europe Fédérale politiquement intégrée désarçonne les forces politiques favorables à l'intégration, et érode aussi l'autorité morale de la génération de la guerre.. La Nouvelle Allemagne et les générations plus jeunes découvrent la tentation de faire retrouver à l'Allemagne réunifiée, mais seule, son identité, sa puissance, son influence en Europe et dans le monde.. Dans les traités successifs d'Amsterdam, de Nice, du projet constitutionnel avorté, puis de Lisbonne, la perspective d'une intégration européenne réelle en matière de politique étrangère et de défense est à chaque fois récusée.. Dans l'Allemagne d'aujourd'hui tout ce qui décide dans les affaires, l'économie, la finance, la justice jusqu'à la Cour Suprême, et le Gouvernement n'a pas connu la guerre, n'a jamais vécu la perspective européenne comme conditionnant notre avenir collectif.. Lorsque à l'automne 2008 éclate la crise des subprimes et la faillite de Lehmann Brothers, le premier réflexe de Madame Merkel, Chancelière, est parfaitement nationaliste et totalement anti européen - pas de plan européen commun, pas d'appel à des fonds publics, l'Allemagne organisera seule et par des voies privées la protection de ses propres déposants... Cela a tenu huit jours.

En second lieu, le mythe tenace que la RDA était la “dixième puissance industrielle du monde” , un pays solide qui venait de commémorer avec faste le 40e anniversaire de sa Constitution le 7 octobre 1989 et qui pourrait durer des décennies, voire des siècles… L’Occident ignorait que l’Allemagne de l’Est était au bord de l’effondrement économique.. Dans une note confidentielle du 27 octobre 1989, le chef de la planification, Gerhard Schürer, écrit à Egon Krenz une note sur la situation économique de la RDA indiquant que le surendettement est tel, que le seul arrêt de l’endettement en 1990 conduirait à la baisse du niveau de vie de 25 à 30 %, ce qui rendrait la RDA ingouvernable.. Devant le risque imminent de cessation de paiement, la “note Schürer” recommande notamment le développement de la coopération économique avec des pays occidentaux tels que la France, l’Autriche et le Japon, intéressés à un renforcement de la RDA comme contrepoids politique à la RFA, ainsi que la réduction de l’économie planifiée au profit d’une responsabilisation des acteurs économiques, afin d’améliorer une productivité catastrophique.. Descendant d’une famille huguenote et chrétien engagé (sa soeur aînée est Pröbstin - évêque protestante - et l’une de ses filles est pasteur), Lothar de Maizière est élu le 10 novembre 1989 à la tête de la CDU de l’Est, à laquelle il a adhéré à l’âge de 16 ans pour ne pas être contraint de rejoindre le SED.. Dans ce territoire historiquement ancré à gauche et malgré des sondages confortant cette vision (pour une raison très simple : les détenteurs de téléphone en RDA sont proches du pouvoir en place), les élections voient la victoire de l’ “Alliance” de centre-droit comprenant la CDU (41 %) et les groupes de l’Est favorables à une unification rapide, ainsi que les libéraux, avec un total de 63 %.. Le 12 avril 1990, la première Chambre du Peuple librement élue investit Lothar de Maizière, président de la CDU de l’Est, comme chef de gouvernement à la tête d’une grande coalition, comprenant également le SPD, représentant 75,2% des suffrages totaux.. Contre l’avis de la CDU de l’Ouest d’Helmut Kohl, Lothar de Maizière souhaite cette grande coalition avec le SPD, afin de pouvoir mener l’imposant programme de réformes menant à la réunification avec la majorité la plus large.. Le gouvernement de Maizière affiche cinq priorités dans la conduite de la réunification : conserver son caractère pacifique (il faut désarmer la Stasi), stopper la migration massive vers l’Ouest, sécuriser l’unification sur le plan international, éviter l’effondrement financier de la RDA, régler contractuellement l’unification (pour que l’apport spécifique de la société est-allemande soit reconnu et respecté).. La question du taux de change entre les deux monnaies est un casse-tête : s’il n’est pas de 1 pour 1, les Allemands de l’Est continueront à émigrer en masse vers l’Ouest ; s’il est de 1 pour 1, l’industrie est-allemande, dont la productivité est en réalité dans un rapport de 1 à 4, est laminée.. Les Allemands de l’Est éprouvent des regrets à. l’égard de certaines décisions politiques : ainsi, en matière de droit de la propriété, la préférence accordée à la restitution des biens (souvent à des Allemands de l’Ouest) plutôt que le dédommagement.

Durant ce laps de temps, le Chancelier allemand dut négocier tout à la fois avec l’URSS, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France.. Cette réunification est dans les faits une absorption des Länder de l’Est par la République fédérale.. La grande Allemagne était néanmoins une source de craintes.. Forte de sa bonne gestion et de ses résultats économiques, l’Allemagne demeure pourtant très discrète, voire trop discrète, au niveau international.. À partir des années 2015, l’Allemagne s’affranchit de plus en plus des règles de prudence qu’elle s’était imposée.. Le durcissement des États-Unis à l’encontre de l’Europe avec, à la clef, une diminution des effectifs militaires en Allemagne ainsi que le Brexit ont bouleversé en quelques années le cadre d’action de la politique extérieure.. Les aides seront en partie distribuées en fonction des besoins des États, ce qui marque un tournant par rapport à la crise de 2010/2012.. La question de la défense est un sujet complexe outre-Rhin.. La grande partie de la sécurité du pays reste assurée par les Américains.. Le durcissement des relations internationales nécessite une révision de la stratégie de défense, ce qui est complexe à mener tant sur le plan intérieur que vis-à-vis d’un certain nombre d’États européens qui craignent tout la Russie que l’Allemagne.

Pourtant, ceux qui faisaient partie de l’équipe au pouvoir lors de la chute du Mur, le 9 novembre 1989, développent durant la décennie suivante une langue de bois forcenée, affirmant que la réunification s’est faite grâce à la France qui aurait favorisé ce processus.. La R.D.A.. Mais si, quand je serai retraitée, je pourrai aller vous voir, dans 50 ans.. Plus de vingt ans après, quand le Mur s’est ouvert le 9 novembre 1989, il était évident, pour qui voulait bien regarder objectivement la situation que si le Mur restait ouvert, la R.D.A.. Cependant, les diplomates français occupant les plus hautes places au Quai d’Orsay, partagèrent pour la plupart l’erreur de jugement des dirigeants politiques, et certains d’entre eux insistèrent auprès de l’Elysée pour que le Président de la République effectue un voyage à Berlin- Est, dont le principe avait été retenu bien avant la chute du Mur.. Tel autre, selon la confidence que me fit l’un de ses collaborateurs, voyait très bien ce que le Président aurait dû faire - ou ne pas faire - mais tenant à sa place, avait préféré se taire … Quoi qu’il en soit, les uns et les autres devaient être largement récompensés et poursuivirent de brillantes carrières, sans doute pour confirmer l’adage :"Quand tout le monde à tort, tout le monde a raison"…Mais les faits sont encore plus têtus !. Il se vit répondre qu’il se trompait totalement, que la RDA avait certes besoin de se réformer et qu’elle allait le faire, mais qu’elle constituait une réalité solide et incontournable… Et mon interlocuteur de conclure : "Bien sûr, pour un Ambassadeur, la venue du Président dans son pays de résidence constitue un jour de gloire… Il eût fallut non seulement un peu de jugement, mais aussi une dose d’héroïsme pour y renoncer".. Et c’est bien lui qui, sans doute, a convaincu le Président G. Bush - tout d’abord hésitant - d’adopter cette ligne de conduite car il avait un accès direct à la Maison-Blanche, prérogative dont il avait bénéficié lorsqu’il était le représentant américain auprès des Nations Unies, ainsi qu’il me l’avait expliqué dans les années 1985-1986 à New-York lors des contacts que j’avais avec lui en ma qualité de représentant de la France à la Conférence du Désarmement.. On ne l’a pas fait.

Le terme figurant sur les textes officiels est Beitritt der DDR zum Geltungsbereich des Grundgesetzes der BRD (« Accession de la RDA à la zone de validité de la Loi fondamentale de la RFA »), loi mise en vigueur le 23 août 1990 par le parlement de la RDA.. L’occupation de l'Allemagne, la guerre froide, la crise du blocus de Berlin et le plan Marshall entraînent en 1949 la création de deux États idéologiquement rivaux : la République fédérale d'Allemagne (Bundesrepublik Deutschland ou RFA) en mai 1949, et la République démocratique allemande (Deutsche Demokratische Republik ou RDA) en octobre 1949.. En 1961, le gouvernement de la RDA construit le mur de Berlin, destiné à empêcher la fuite des habitants de l'Allemagne de l'Est vers la RFA.. Puis, à 18 h 56, il conclut de façon presque anodine : « Nous avons donc décidé aujourd’hui de prendre une disposition qui permet à tout citoyen de la RDA de sortir du pays par les postes-frontières de la RDA.. La victoire des conservateurs de l’Allianz für Deutschland (Alliance pour l'Allemagne - coalition de trois partis conservateurs dont la CDU de l'Est) décide en faveur d'une réunification rapide en utilisant l'article 23 de la loi fondamentale de la République fédérale d'Allemagne.. Avec le traité des 2+4, un traité de paix entre les deux États allemands et les quatre puissances victorieuses de la Seconde Guerre mondiale (États-Unis, France, Royaume-Uni et Union soviétique) signé à Moscou le12 septembre 1990, la totalité du territoire allemand (incluant Berlin) devient pleinement souverain au moment de la réunification qui intervient le 3 octobre 1990.. Les privatisations. La mise aux normes des structures économiques est-allemandes à l'économie de marché, nécessita la privatisation de 14 000 entreprises d'État et coopératives existantes (représentant 80 % de l'économie de la RDA).. Les nouveaux Länder. La loi votée par la Volkskammer le 22 août 1990 sur la reconstitution des anciens Länder dissous par la réforme territoriale de 1952 et qui furent remplacés par 15 Bezirke (districts), fut l'application de la conditionsine qua non d'une entrée de la RDA dans la loi fondamentale de la République fédérale d'Allemagne par le biais de son article 23.. La réunification de Berlin. La réunification de la ville de Berlin intervint le même jour que la réunification du pays, le 3 octobre 1990.. La Constitution de Berlin votée pourtant par le Sénat ouest-berlinois le 1er septembre 1950 et valable pour l'ensemble du Land, entra en application seulement au moment de la réunification de la ville (le même jour eurent lieu les premières élections municipales communes).. La réunification de la ville permit également à l'essentiel des institutions fédérales de s'y installer de façon définitive, comme :. la Présidence au Château de Bellevue ;. la Chancellerie dans un nouveau bâtiment de 12 000 m² construit à cet effet ;. le Bundesrat dans l'ancienne Chambre des seigneurs de Prusse ;. le Bundestag dans l'ancien Palais du Reichstag.. L'armée. Une partie des effectifs de la Nationale Volksarmee (« Armée populaire nationale » de la RDA) fut intégrée dans la Bundeswehr (Armée fédérale ouest-allemande) lorsqu'ils présentaient des gages de respect de la constitution de la RFA.

Berlin était également divisée en quatre zones.. Un conseil de contrôle interallié était chargé de gouverner l’ensemble de l’Allemagne, mais il ne pouvait décider qu’à l’unanimité et chaque puissance occupante était autonome dans sa zone.. Il n’avait pas été décidé de démembrer l’Allemagne en plusieurs États, mais les divergences de vues entre Soviétiques et Alliés occidentaux à propos de l’Allemagne s’accentuaient avec les débuts de la guerre froide.. Les rivalités Est-Ouest allaient aboutir en 1949 à une division de fait entre deux États: la République fédérale d’Allemagne (RFA) à l’Ouest, la République démocratique allemande (RDA) à l’Est.. Les deux États allemands avaient développé des régimes politiques opposés, la démocratie libérale à l’Ouest, le collectivisme communiste à l’Est.. Le problème de la réunification avait été soulevé au moment de la formation de ces deux États.. Pour éviter le réarmement de l’Allemagne de l’Ouest, l’Union soviétique avait proposé, à plusieurs reprises, la réunification de l’Allemagne et sa neutralisation, ce que les Occidentaux subordonnaient à la tenue d’élections libres, inacceptables pour Moscou.. Alors qu’Adenauer et de Gaulle, président de la République française, auraient voulu une réaction vigoureuse à cette violation du statut de Berlin, Kennedy, président des États-Unis et Macmillan, Premier ministre du Royaume-Uni, estimaient que l’«équilibre de la terreur» établi par les armes nucléaires à l’Est comme à l’Ouest, ne permettait pas de politique de force et il ne fallait pas compromettre la détente avec l’URSS en s’opposant à la consolidation de la RDA.. De son côté, de Gaulle allait chercher à se rapprocher de l’URSS en se distanciant des États-Unis.. L’ Ostpolitik , mettant fin à la doctrine Hallstein qui prônait la rupture des relations diplomatiques de la RFA avec tout État reconnaissant la RDA, vise d’abord à apaiser les relations de la RFA avec l’Europe de l’Est et l’URSS avant de se rapprocher du bloc communiste.. Alors que l’ Ostpolitik est largement controversée en Allemagne de l’Ouest, et surtout dans le camp des chrétiens-démocrates, le gouvernement Brandt signe avec les Soviétiques le traité de Moscou (12 août 1970) affirmant la renonciation à la force et l’inviolabilité des frontières, puis avec les Polonais le traité de Varsovie (7 décembre 1970) reconnaissant de facto la frontière Oder Neisse, imposée par Staline au profit de la Pologne, au détriment des populations allemandes de Silésie, Poméranie et Prusse orientale expulsées.. La réconciliation entre la RFA et la RDA est facilitée par l’accord des quatre grandes puissances sur Berlin (3 septembre 1971) confirmant leur autorité sur la ville et assouplissant les relations entre Berlin-Est et Berlin-Ouest, malgré la persistance du mur, puis conclue par le traité fondamental (21 décembre 1972) de reconnaissance mutuelle des deux États allemands.. La division de l’Allemagne est entérinée par l’admission simultanée, à l’Organisation des Nations unies (ONU), le 18 septembre 1973, de la RFA et de la RDA.. En RFA, certains intellectuels évoquent une Allemagne réunifiée au centre de l’Europe qui pourrait jouer un rôle de pont entre l’Est et l’Ouest.

Alors qu’en juillet 1990, dans un contexte d’euphorie, le chancelier Helmut Kohl avait promis des « paysages florissants » (« blühende Landschaften ») aux Allemands de l’Est, la réunification est aujourd’hui bien souvent perçue comme une « annexion » ou une « OPA hostile » par les déçus de la réunification et les groupes protestataires issus des territoires de l’est de l’Allemagne [4] .. De plus, malgré les trente années écoulées depuis la réunification de l’Allemagne, l’ancrage de la démocratie et la confiance dans les institutions est moins solide à l’Est.. Cette pertinence de la date du 3 octobre est d’autant plus battue en brèche cette année qu’elle intervient, moins d’un an après les célébrations en grande pompe de la chute du Mur de Berlin le 9 novembre 2019.. Cette date symbolique, qui marque le début du processus de réunification, résonne à deux échelles d’analyse plus pertinentes : celle des peuples – qui se sont retrouvés – et celle des relations internationales – avec la fin symbolique de la bipolarité du monde de la Guerre froide.. Cette modification constitutionnelle qui organise de facto les nouvelles priorités de politique étrangère de l’Allemagne est révélatrice du glissement qui s’opère après la réunification entre un objectif de retour à la souveraineté pleine et entière et la concession qui a été faite d’une délégation de souveraineté à un organisme supranational.. La réunification allemande n’a été en effet permise par la France, comme puissance occupante de l’Allemagne, qu’au prix d’une accélération de la construction européenne, qui s’est concrétisée avec le traité de Maastricht en 1992.. Ce « moment franco-allemand » à l’œuvre depuis le mois de mai repose sur une volonté politique qui tente de dépasser, au sein du couple franco-allemand, la seule célébration – qui reste pourtant nécessaire – et la confrontation – faite d’une défiance teintée de fascination de la France vis-à-vis de l’Allemagne [9] .. Cette « seconde chance pour l’Europe [10] », trente ans après la réunification, repose à la fois sur le revirement d’Angela Merkel et sur la tentative de faire revivre ce qu’incarnait le couple Mitterrand-Kohl en 1990 : une force de proposition européenne issue du socle franco-allemand qui repose sur une volonté politique forte de part et d’autre face à un moment historique.. Pour la chancelière issue d’Allemagne de l’Est et dont la carrière politique a été propulsée par la réunification, sous l’aile d’Helmut Kohl, le trentième anniversaire de la réunification a une portée d’autant plus forte qu’elle quittera le pouvoir l’an prochain après seize années passées à la chancellerie.. À l’aube du début de la quatrième décennie de l’Allemagne réunifiée se pose alors la question de la succession et de l’héritage politique d’Angela Merkel, notamment de son action européenne et de sa relation avec la France.

Depuis 1990, le 3 octobre est le jour de la fête nationale en Allemagne.. De 1954 à 1990, la République fédérale d’Allemagne (RFA) n’avait pas de fête nationale.. La date choisie le fut en souvenir de la révolte ouvrière du 17 juin 1953 en République démocratique allemande (RDA).. De 1949 à 1989, le jour de la fête nationale en RDA était le 7 octobre.. Contrairement à la fête nationale française, qui est célébrée par une grande parade militaire sur les Champs Elysées à Paris et des feux d’artifices dans toutes les villes du pays, la cérémonie en Allemagne est beaucoup plus modeste.. Basée sur le principe fédéral de l’Allemagne, la cérémonie officielle qui est organisée chaque année à l’occasion de cette journée a lieu dans la capitale du Land qui préside le Bundesrat à ce moment-là.

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1. Guide de la réunification allemande
(DEUTSCHLAND.de)
2. La réunification allemande
(3 minutes d'Histoire)
3. 19/20 FR3 du 03 octobre 1990 - L'Allemagne est réunifiée | Archive INA
(INA Actu)
4. La Réunification Allemande (1989-1995) | Français [HD]
(AMiiN)
5. En 1990, réunification de l'Allemagne, témoignages sur la difficile intégration de la RDA
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6. LA RÉUNIFICATION ALLEMANDE, 30 ANS APRÈS - ÉPISODE 3 : LE RETOUR D'UNE NATION UNIE
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Author: Gov. Deandrea McKenzie

Last Updated: 08/11/2022

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